3 millions € pour le Kazahkgate? Armand de Decker s'en va !

Armand De Decker

Le bourgmestre d'Uccle tombe après une interview sur le Kazahkgate.

En politique, parfois, il faut savoir se taire. Armand De Decker s’était astreint à cette discipline ces dernières semaines. Mais, vendredi, lors d’une brève interview accordée à la RTBF, il s’est à nouveau affiché dans le déni. Et cela a entraîné sa perte… Samedi matin, après une entrevue musclée avec le président du MR, Olivier Chastel, et le patron du MR bruxellois, Didier Reynders, il a dû renoncer à son écharpe mayorale (mais il reste député bruxellois). " Le lobby en vue d’étendre la transaction pénale est venu des diamantaires anversois , a-t-il confié à nos confrères. Je n’ai joué, comme je l’ai toujours dit, aucun rôle dans le développement de cette loi." Alors que tout porte à croire qu’il a usé de ses fonctions politiques pour servir les intérêts du milliardaire Patokh Chodiev dans l’adoption de la loi étendant les possibilités de transaction pénale.

A cette interview sur la chaîne publique, il convient également de mettre dans la balance une information révélée par "Le Soir" du week-end qui laissait entendre qu’Armand De Decker aurait pu percevoir beaucoup plus que 740 000 euros dans cette affaire. Plusieurs millions d’euros semblent avoir été dissimulés dans le "Kazakhgate" et il se pourrait que 3 millions aient été initialement réservés à Armand De Decker…

"Pas d’inculpation dans l’air"

Est-ce la perspective d’une inculpation qui a poussé le MR à dégager le bourgmestre ucclois ? Il semble que non : "On n’en sait rien, explique une source libérale. Il n’y a rien de neuf sur le plan judiciaire depuis 6 mois. La raison est l’irritation causée par son interview. Sa candeur et son déni ont énervé au MR et dans la majorité uccloise. Le parti avait établi clairement qu’il y a dans son chef un problème éthique et, pourtant, il continue de minimiser."

L’avocat d’Armand De Decker, Adrien Masset, confirme : "Il n’y a pas de perspective d’inculpation. Armand De Decker a été entendu par le parquet pour la dernière fois en décembre 2016 et il n’y a pas eu de nouvel événement depuis. Il n’y a pas d’inculpation dans l’air. Ce sont les médias et la pression politique qui ont précipité sa démission."

Au cœur de cette affaire d’Etat que sont le Kazakhgate et ses ramifications belges, l’ancien président du Sénat avait déjà été écarté de tous les organes de décisions du MR, il y a plusieurs semaines. Mais, rejetant les accusations, Armand De Decker s’accrochait à son mandat de bourgmestre d’Uccle, ce qui causait beaucoup d’agitation au niveau local. Les élections sont pour 2018 et les libéraux n’ont aucune envie d’assumer électoralement les éventuels gros problèmes judiciaires d’Armand De Decker

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